La suite maléfique des Mille et Une Nuits au dix-huitième siècle

Aimable, le Maugraby ne l’a jamais été, pas même enfant. Fils d’un sortilège et fidèle serviteur de Zatanaï, auquel il s’est dévoué aussi bien par penchant naturel que par soif de pouvoir, ce magicien sadique et fascinant, qui d’un seul coup de baguette peut descendre dans les entrailles de la Terre et transformer les humains en animaux, opère sous de fausses apparences grâce à d’habiles déguisements, prêt à semer la terreur et la souffrance partout où il passe. Son objectif ? Ensorceler et enlever le plus de princes et de princesses possible afin d’en faire des esclaves, et ainsi soumettre la planète entière. S’il a mis à genoux, l’un après l’autre, les flamboyants royaumes des fées de Perse, d’Égypte et de Tartarie, son règne de terreur va lui aussi tôt ou tard vaciller…

Publiées en 1789, les histoires du Magicien Maugraby s’inscrivent dans le prolongement des Mille et Une Nuits, auquel Jacques Cazotte consacra ses derniers efforts littéraires. Puisant dans l’imaginaire de cette intarissable source de contes, Cazotte a su inventer une Shéhérazade à la voix rauque, chantre et incarnation des inquiétudes du XVIIIe siècle.

Né à Dijon en 1719, Jacques Cazotte fut un écrivain, poète et officier de la Marine royale française. Il vécut une grande partie de sa vie en Martinique, où il commença à écrire des œuvres à mi-chemin entre l’ésotérique et le surnaturel, parmi lesquelles Le Diable amoureux, véritable classique de la littérature fantastique française qui, au cours des siècles, a été apparié aux meilleurs contes d’E.T.A. Hoffmann. Lors d’un dîner avec divers défenseurs des Lumières, en 1788, il prophétisa l’imminence de la Révolution et la mort violente de tous les convives, y compris la sienne. Il fut guillotiné à Paris en 1792, pendant la Terreur.

Les autres livres de la collection